Je lis beaucoup, et notamment des ouvrages sur le journalisme ou ses à côtés. Voici une bibliographie que je compte enrichir progressivement.
N’hésitez pas à me faire part de vos suggestions de lectures par mail : theo_haberbusch(at)yahoo.fr
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Les grands articles qui ont fait l’histoire
L’histoire du journalisme sans s’ennuyer. Ce pourrait être le sous-titre de ce recueil d’articles choisis et présentés par l’universitaire Patrick Eveno. Les grandes lignes des péripéties de la presse en France sont retracées dans une introduction admirable.
Je retiens cette phrase de Patrick Eveno : « Au-delà des nuances, des sensibilités et des modes d’expression, la presse vise surtout à faire savoir (…) les journalistes cherchent à accomplir leur mission, nécessaire à toute démocratie, qui est de fournir l’information aux citoyens et d’être le porte-voix de leurs opinions. »
Ce sont 64 textes qui sont ensuite exhumés des milliards de lignes produites par les journalistes depuis Mirabeau jusqu’à Jean-Marie Colombani en passant par Mauriac, Camus, Sartre ou…Plantu. Ce dernier entre dans cette anthologie à la faveur du dessin imaginé lors de l’élection de François Mitterrand en 1981. Un livre au format poche qui permet de côtoyer les plus grand.
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Albert Londres, vie et mort d’un grand reporter 1884-1932
Pierre Assouline est connu et reconnu pour ses biographies. Celle-ci a un intérêt tout particulier pour notre corporation car Albert Londres est souvent cité comme une référence sans que l’on connaisse forcément son histoire personnelle.
Qui sait que l’homme du « fer dans la plaie » se rêvait en agent secret et qu’il a proposé d’organiser des assassinats de dirigeants communistes pour le compte des services français?
Qui a en tête son manque d’intérêt pour le détail, pour l’information vérifiée et sa préférence pour le reportage romancé ?
On relit aussi avec une fierté corporatiste certains de ses articles incontestablement inspirés.
Et on découvre tous les grands dossiers qu’il a suivis en France et dans le monde: bagne, asiles, Chine, Russie…
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Les impatients de l’histoire
Pour ceux qui veulent revivre rapidement l’histoire du journalisme en France, ce livre est idéal. 14 brefs portraits qui démarrent par celui de Théophraste Renaudot, « l’inventeur », et s’achèvent avec celui de Jean Daniel.
Si vous êtes comme moi, vous réaliserez combien nous journalistes connaissons mal le passé de notre profession.
Ce qui m’a frappé : l’incroyable continuité de la vision du journalisme à la française : un journalisme de commentaire, une presse essentiellement d’opinion (on créé un journal pour défendre un courant de pensée, une ligne politique) qui n’arrive pas à en sortir.
J’ai été particulièrement intéressé par les portraits d’Hubert Beuve-Mery et de Bernard Pivot, et très impressionné par celui de Geneviève Tabouis, femme spécialiste des relations internationales qui s’est imposée dans un milieu d’hommes.
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Les journalistes français sont-ils si mauvais?
François Dufour, patron du Petit Quotidien, de Mon Quotidien et de l’Actu, a co-présidé les Etats généraux de la presse écrite. Et il tape dur sur notre profession.
Il pointe le manque de rigueur des journalistes français, leur refus de séparer le fait du commentaire, la faiblesse de leurs règles déontologiques.
L’auteur fournit beaucoup de comparaisons internationales qui permettent de mesurer le chemin qu’il nous reste à accomplir.
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L’écrit web
Je ne suis vraiment pas un fan des manuels. Mais celui là est tout corné, plein de surlignements et je l’ai fait passer à pas mal de jeunes journalistes arrivés dans la rédaction de l’AEF.
Ce livre fournit la base pour comprendre le fonctionnement de l’information sur le web et pour en produire d’une façon différente de celle que vous avez pu apprendre ou pratiquer en presse écrite.
Le tout est clairement présenté, bien expliqué.
Bref de l’argent que vous dépenserez utilement.
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Avec Camus
Avec cet ouvrage de Jean Daniel (fondateur du Nouvel Observateur), on est à la limite du journalisme et de la littérature. Mais pour le journaliste qui souhaiterait réfléchir à l’éthique de son métier, aux fondements de cette profession, la lecture d’Avec Camus, constitue une puissante base de réflexion.
Jean Daniel a côtoyé le Camus journaliste et s’est séparé de lui en raison de désaccords sur la guerre d’Algérie. En fil directeur du livre donc, la question du recours légitime à la violence.
Avec ce leitmotiv camusien répété et repris à son compte par Jean Daniel : le journaliste doit savoir résister à l’air du temps, y compris et surtout en temps de guerre.
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Vivre pour la raconter
Toutes catégories confondues, c’est certainement l’un de mes livres préférés. Gabriel Garcia Marquez, ce conteur génial et fantasque retrace la première partie de sa vie.
Et c’est là que l’on apprend (ou que l’on redécouvre) qu’il a été un journaliste. Il nous fait part de ses observations sur ce milieu professionnel au Mexique et rapporte les péripéties auxquelles il a été confronté.
Pour ceux que le sujet intéresse, sachez que la CJR a consacré un article récent à l’éducation journalistique de Garcia Marquez.
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Une presse sans Gutenberg
Ce livre date de 2005. Il a donc sans doute déjà pris un vilain coup de vieux.
N’empêche qu’il a le mérite de poser de façon pédagogique les défis auxquels sont confrontées les rédactions depuis l’irruption du web.
Il s’intéresse notamment à la perte du monopole d’informer dont disposaient journalistes et à la montée en puissance des blogueurs. Il dresse également un parallèle historique avec la naissance du livre imprimé qui avait bouleversé le monde comme est en train de le faire le web.
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La fin des journaux et l’avenir de l’information
Le rédacteur en chef de l’Expansion actualise sur un ton assez dramatisant l’ouvrage de Jean-François Fogel et Bruno Patino (voir ci-dessus).
J’ai beaucoup apprécié cette lecture : les « experts » du nouveau journalisme diront que l’auteur n’apporte pas grand chose de neuf au débat. Certes, mais il a surtout le mérite de synthétiser la production riche et disparate que l’on trouve sur le web sur le sujet de l’avenir du journalisme .
Les sources (internationales évidemment) choisies sont variées et l’analyse qui en est faite pertinente. Un bon ouvrage pour se mettre à niveau sur le sujet.

